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"Le château de l’âme"


 

"Le château de l’âme"


Le culte du lingam part 2
Conférence donnée en cours de méditation par Jaya Yogacharya le vendredi 15 sept 2017

Dans notre apprentissage des grands concepts hindous, nous avons abordé avant les vacances, dans la conférence « L’auto-révélé » voir conférence , celui du Linga.
Souvenez-vous, nous y avons redéfini le couple Śiva-Śakti शिव शक्ति symbolisant la pensée et l’énergie nécessaire pour la matérialiser.
Le Lingam est l’attribut de Śiva et ce symbole tente d’illustrer la dimension abstraite de la conscience par une représentation concrète.
Śiva, l’être suprême inqualifiable, apparenté à l’état de Turīya तुरीय, dans « l’ Adhyāropa अध्यारोप », doit pour se qualifier, féconder le pouvoir premier de la nature, Prakṛti प्रकृति.

Śiva-Śakti illustre la procréation de toutes choses.
Toutefois, dans certains textes tels les Purāna पुराण, existent de nombreux exemples de création par la seule puissance de l’esprit sans qu’il y ait d’impact physique.
Je voudrais que nous venions sur ces aspects là.

Je vais revenir d’abord, à une légende citée dans les Purāṇa et qui parle de la première apparition du Linga de Śiva, en tant que conscience immuable.
Revenons à la célèbre trilogie Brahmā ब्रह्मा, le créateur, Viṣṇu विष्णु, le préservateur, et Śiva शिव, le destructeur.
Quand Brahmā et Viṣṇu se disputèrent pour savoir qui était le plus grand, un Linga resplendissant de lumière apparut. Brahmā, monté sur son cygne, s’éleva pour atteindre le sommet de ce linga alors que Viṣṇu, sous l’aspect d’un sanglier, descendit vers sa base. Pendant des milliers d’années, ils cherchèrent mais jamais ne trouvèrent, ni son commencement, ni sa fin.
Une fleur de ketaki केतकी qui était tombée du sommet du linga de Śiva, leur dit : » Depuis dix éons, je tombe sans interruption et personne ne peut me dire l’espace que je dois encore parcourir !
C’est alors qu’une voix venant du ciel révéla la vérité à Brahmā et Viṣṇu.
« Le lingam n’a ni début ni fin, il est l’incarnation même du principe transcendant et immuable de la Conscience. »

La conscience Transcendantale est Paramātmāṇ परमात्मन्.
La conscience incarnée dans le Mental et la Matière est Jīvātman जीवआत्मन्, (l’âme individuelle). Dans le premier cas, la conscience est informelle, dans le second elle a une forme. La forme est un produit de la conscience sous son aspect de puissance (Śakti).
Prakṛti Śakti est la source directe du mental et de la matière.
« En tout, est tout ce qui est dans tout le reste ».

Les textes nous disent :
« Tout ce qui existe de Mental et de Matière dans le monde existe
sous quelque forme ou quelque manière dans le corps humain. »

Le Vishvasāra Tantra विश्वसार तन्त्र dit ceci :
« Ce qui est ici, est là. Ce qui n’est pas ici, n’est nulle part ».

Dans le corps humain, se trouve le couple Suprême Śiva-Śakti, présent en toutes choses. Dans le corps se trouve donc Prakṛti Śakti, avec tous ses éléments.
Le corps est un réservoir de la vaste puissance de la Śakti.
L’œuvre de la Sādhanā साधन est de conduire par les pratiques yoguiques, ces différentes formes de puissance à leur pleine expression.
Les Tantra disent que c’est au pouvoir de l’homme d’accomplir tout ce qu’il désire s’il concentre sa volonté sur ce but. Et il le peut, si l’homme est UN avec la conscience et UN avec la Śakti.
Plus il manifestera la Conscience, plus il sera doué des pouvoirs de cette Conscience.

Pour le yogi, le centre et la racine de tous les pouvoirs de Jīvā, de l’âme individuelle, c’est Kuṇḍalinī Śakti कुण्डलिनी.
Le lieu où se réalise la supra-conscience endormie, c’est Sahasrāra सहस्रार.
Le Mental et le Corps sont les effets de la Prakṛti. Mental et matière sont des forces et des instruments par lesquels opère la Conscience, qui, illimitée, apparaît alors limitée.

Prakṛti est la matrice. Elle est aussi le yoni योनि, mystérieuse et féconde qui donne naissance à toutes choses.
"Ce qu’elle Est en Elle-même, Nul ne peut le concevoir."
Elle n’est connue que par ses effets, par sa manifestation. Elle est Śakti.
Elle est donc aussi Conscience. Conscience puissante et dynamique et Conscience statique et immuable ne font qu’une.
La substance de la Prakṛti est faite des trois guṇa ; Sattva सत्त्व, Rajas रजस्, Tamas तमस् .
L’action générale de Śakti est de voiler, de contracter ou dilater la conscience.
Elle le fait par la Prakṛti qui est un principe « finitisant » dit A.Avalon.
Elle finit, elle trace une forme dans la conscience.
C’est ainsi qu’agissent les guna.
Sattva guna a pour fonction de révéler la conscience ; plus grande est la présence ou la puissance de Sattva guna, plus proche est la condition pure.
Tamas guna a pour fonction de supprimer ou voiler la conscience.
Rajas guna, active. Soit il agit sur Tamas pour supprimer Sattva ; soit il agit sur Sattva pour supprimer Tamas.

L’objet de toute Sādhanā est de développer Sattva guna. Les guna existent en tout, en portions inégales. Plus la descente est profonde dans les degrés de la nature, plus domine Tamas guna en tant que matière brute, inerte. L’homme « sattvique » est celui qui parvient à la conscience.
Dans la Prakṛti, si la nature repose et les guna sont en équilibre, il n’y a donc pas de manifestation. Avyakta अव्यक्त , est l’état non manifesté ayant une potentialité de puissance.
Si les guna se mettent en action et une vibration initiale, le son cosmique la pénètre. L’univers se forme et c’est l état de Vyakta व्यक्त.
Selon la théorie des trois corps, corps causal, kāraṇaśarīra कारणशरीर, corps subtil
Sūkṣmaśarīra सूक्ष्मशरीर et corps grossier Sthūlaśarīra स्थूलशरीर, c’est de la Prakṛti qu’ils sortent et en eux est incarné l’Atmā, le Jīvā.
Ils constituent l’écrin de la Conscience et de l’Esprit.

Souvenez-vous de cette grande classification des 25 Upādhi उपाधि.
Dans l’ordre de création, Jīvā n’a pas conscience du moi et se trouve au-delà de l’Ānanda आनन्द, l‘état de béatitude. Dès que l’on descend dans la carnation, nous allons trouver l’état de béatitude, ensuite la machinerie mentale avec l’Antaḥkaraṇa अन्तःकरण fait de ;

- Ahaṃkāra अहंकार, l’égo,

- Buddhi बुद्धि l’intellect,

- Manas मनस्,le mental ou psychique conscient,

- Citta चित्त l’inconscient.
Viennent ensuite les 5 Jñāna Indriya ज्ञान इन्द्रिय ou Tanmātra तन्मात्र ( les organes des sens), les 5 Prāṇa प्राण, les 5 karma Indriya कर्म इन्द्रिय ( les organes de l’action) et enfin les 5 tattva तत्त्व (ou Pancha maha bhuta पञ्चमहाभूत ( les 5 éléments).

Les Indriya et leurs objets ont les moyens d’obtenir, via le mental, cette jouissance, cet état d’Ānanda, qui est finalement le but de tout désir de vivre.
Pour le yogi, avant d’arriver à ces étapes supérieures, il lui faut pouvoir agir sur la Prakṛti en agissant sur les objets des sens et les sensations qu’ils éveillent.

Les sensations éveillées par les objets sont éprouvées au moyen des organes du corps que sont les sens. L’ouïe, le toucher, la vue, le goût et l’odorat.
Mais ce que le yogi appelle Indriya n’est pas l’organe physique, mais la faculté du mental qui agit par cet organe comme par son instrument.
Pour le yogi, les Tanmātra sont subtils.
Ils sont aussi appelés les Bhuta subtils (Sūkshma).
Pour le yogi, ils peuvent être objets de perception directe.
Ils sont comme les objets sensibles qui en dérivent au nombre de cinq :
le son (Śabdatanmātra शब्दतन्मात्र), le toucher et le sens thermique (Sparśatanmātra स्पर्शतन्मात्र), la couleur et la forme (Rūpatanmātra ‎रूपतन्मात्र), la saveur ( Rasatanmātra रसतन्मात्र ), et l’Odeur (Gandhatanmātra गन्धसतन्मात्र).

Les organes des sens habituels sont de simples instruments mais ils tirent leur puissance du mental. Un yogi peut accomplir par le seul mental tout ce qui peut se faire au moyen de ces organes physiques sans les utiliser.
Les Indriya ne sont pas les organes physiques, mais les facultés du Jīvā qui désire connaître et agir.

« Être distrait, c’est ne pas savoir ce qui arrive. »

L’attention doit donc coopérer avec les sens avant que ceux-ci puissent donner à celui qui expérimente une interprétation erronée.
Manas est l’indriya supérieur qui discerne l’information. L’action d’un mental aiguisé sur les indriya procuret au pratiquant les pouvoirs subtils de marcher sans les pieds, de prendre sans la main, de voir sans les yeux, d’entendre sans l’oreille, etc. On voit leur relation finale aux karma indriya.


L’entrainement pratique et la connaissance yoguique développent ce que l’on appelle les siddhi सिद्धि, ou pouvoirs yoguiques.

Avant que le sādhak साधक tente la résorption fondamentale du couple Śiva-Śakti en lui, il se doit de prendre conscience de la constitution intrinsèque de son individualité, de son corps physique mais surtout de son corps subtil, Sūkṣmaśarīra.
Au méditant, ce corps subtil apparaît comme semblable au grand dessein cosmique.
Mais le sādhak va devoir livrer bataille pour forcer les portes de ce que l’on appelle « la forteresse spirituelle, le château de l’âme », comme dit J. Varenne.

Lorsqu’on vous apprend dans l’iconographie tantrique, qu’entre genoux et anus est le domaine de l’Eau, symbolisé par un croissant de lune blanc associé au dieu Viṣṇu et à la syllabe Vam, qu’entre sexe et cœur c’est le feu, avec un triangle rouge et la syllabe Ram, etc., il ne s’agit pas de la simple acquisition de connaissances pittoresques.

Le pratiquant doit prendre conscience qu’il gagne successivement à chaque découverte de ces localisations (bien sûr s’il pratique l’éveil de ces zones), l’immunité sur la terre, l’immunité dans l’eau, etc. Selon les textes, la connaissance d’Apas et de Svādhiṣṭhāna cakra स्वाधिष्ठान चक्र permet de ne plus se noyer.
De même, le pouvoir de passer à travers le feu, de se mouvoir dans l’air tel un oiseau, et enfin celui de voyager dans l’espace cosmique (relevant du domaine de l’éther).
Ce sont là des siddhi à ne pas prendre au pied de la lettre mais qui s’obtiennent et se manifestent de manière très subtile lorsque le yogi acquiert la connaissance de telle ou telle partie de sa nature subtile.


C’est bien sûr sans parler des découvertes beaucoup plus subtiles à faire lorsque le yogi monte vers le Méru मेरु, et rejoint sa voute crânienne et céleste. Le Méru étant un linga en lui-même et à ce titre, il est creux et sert éventuellement de conduit au suc vital, au passage lors de la montée de la Kuṇḍalinī कुण्डलिनी.

Le linga de Śiva, souvent représenté par trois yeux ou un seul central est apparenté à « Ce qui voit tout » et fait référence à cette conscience immuable omnisciente, omnipénétrante.
La conscience est un substrat qui est partout dans l’univers, dans la matière, dans les êtres, et qui est immanent. Ce principe de la conscience, donc de la perception, est présent partout, c’est dire qu’il n’existe pas d’objets inconscients. Un atome d’hydrogène sait qu’il est un atome d’hydrogène et qu’il ne se confond pas lui-même avec un atome d’azote.
Chacun a sa notion d’individualité, et du fait que la conscience soit partout présente, il n y a rien d’inconscient dans l’univers.
Les grands ṛṣi ऋषि ayant maitrisé les pratiques de yoga sont les maîtres de Prakṛti, la Nature. Ceci veut dire que par leur volonté, leur toucher, leur regard, ils peuvent produire la relation de linga et yoni, nécessaire à toute création. La vision ne réside pas dans l’œil, mais dans le phénomène subtil de la vision.
De même qu’un tisonnier maintenu dans le feu devient brûlant, produit de la lumière, de même, la nature peu consciente d’un homme en contact avec un homme éclairé, devient consciente et à son tour, peut manifester la grandeur de l’Univers.
C’est à quoi nous travaillons.
Hari Om tat Sat

Jaya Yogācārya


Bibliographie :
- « La puissance du serpent « d’Arthur Avalon aux Edts Dervy.

- « Le Tantrisme « de Jean Varenne aux edts Albin Michel.

- « « Le Mystère du culte du Linga » de Swami Karpaati et Alain Dianélou aux edts du Relié.

- Commentaire et adaptation de Jaya Yogacharya.

 

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FORUM DE L'ARTICLE

  • "Le château de l’âme"
    23 septembre 2017, par CLAIRE

    Merci Jaya

    Je comprends , enfin , le sens du lingam et yoni...merci pour la clarté de vos textes ..faute de pouvoir venir à vos cours


  • "Le château de l’âme"
    22 septembre 2017, par garcia nicole

    Merci mille fois Jaya,

    Votre enseignement, vos connaissances, de véritables trésors que vous partagez avec bienveillance, me ravissent , me comblent.
    Jeune sadhak,la route sera encore très longue , mais à vos côtés je me sens rassurée, et je tâcherai de concentrer mon attention et mes sens afin, qui sait d’ouvrir la forteresse spirituelle, LE CHATEAU DE LÂME..........
    ......................Ngico


 
 
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