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Mémoire et langage


 

Mémoire et langage

Conférence donnée par Jaya Yogācārya en cours de méditation du vendredi 9 sept 2016

Nous allons reprendre le fil conducteur du travail sur le son que nous avons commencé au mois de mai de cette année. Je vous invite d’ailleurs à découvrir ou à relire si vous ne l’avez pas encore fait les deux conférences que je vous ai données, à savoir voir langage des dieux et voir Pasyanti, le son de la pensée.
Je vais essayer de faire ce soir une approche moins métaphysique que précédemment en vous parlant du sanskrit संस्कृतम् (saṃskṛtam), et de son origine. Ce vaste sujet ne peut être approfondi en peu de temps, mais nous allons essayer de le découvrir, puisque dans notre pratique du yoga योग et de la méditation, nous en faisons usage.

Revenons au point où nous étions restés.
Rappelez-vous dans notre dernière conférence, pour réaliser l’approche du son, du point de vue philosophique, nous avions décrit la classification des 36 tattva तत्त्व (ou éléments) de la pensée Shivaïte du Cachemire. Nous avions mis en parallèle les 5 premières catégories supérieures des tattva et les 5 classifications correspondantes du son.


- à Śiva tattva, le 1er dans l’ordre de l’évolution, la conscience absolue, correspond le Parā qui est l’émanation du son suprême et subtil. Il est le premier état de Śabda, le son.
On l’appelle aussi Nāda-tattva.


- à Śakti tattva, son équivalent dynamique, l’énergie, correspond Paśyantī, l’émanation du son un peu moins subtile mais encore non différenciée, connu sous le nom de Bindu-tattva.
Paśyantī est le terme sanscrit qui désigne ce qui est « vu » et il est dérivé du mot paśya signifiant « voir » et de paśyat signifiant « voyant » ou un « bruit particulier ».


-  à Sadāśiva tattva qui représente l’étape où la puissance du désir de la manifestation prédomine par Icchā śakti, correspond Madhyamā, l’émanation du son qui est un peu plus grossière et différenciée.

-  à Īśvara tattva qui représente la puissance de la connaissance par Jñāna Śakti (Jñāna), correspond Vaikharī, la parole, soit grossière, soit subtile.

-  à Shuddha vidyā tattva, la puissance de l’action kriyā Śakti correspondent Varṇa les lettres, Padā les syllabes et Vākya les phrases manifestées.


Le Tantra, comme les Vedas, वेद, identifie quatre niveaux de la parole.


-  Vaikharī est le discours audible situé dans la gorge Viśuddha chakra ( Cakra) et se manifeste pendant l’état de veille, Jāgrat.


-  Madhyamā est situé dans le cœur Anāhata et se manifeste pendant l’état de rêve, Svapna.


-  Paśyantī est la parole illuminée située dans le nombril Maṇipūra et se manifeste pendant l’état de sommeil profond, Suṣupti.


- Parā est le son transcendant situé au centre de la racine Mūlādhāra et se manifeste dans le Samādhi ou l’éveil, Turya.


Revenons à Vaikharī, le langage articulé. Dans la science du yoga, nous utilisons la langue la plus ancienne de l’Inde qu’est le sanskrit, et ce soir, nous allons aborder quelques aspects de ses origines, et l’écriture qui a permis de la fixer dans le temps.

Le sanskrit est appelé gīrvāṇa-bhāṣā, le langage des Dieux.
Pendant longtemps, les Védas et les autres textes sacrés furent transmis dans une forme archaïque du sanskrit, la langue védique.
En Inde, l’éducation spirituelle s’est toujours faite par la tradition orale.
Ainsi les textes sacrés ont été transmis oralement de maître à disciple. Ce système n’a pas empêché l’invention de l’écriture et progressivement les érudits indiens mirent leurs idées sur support.
C’est l’empereur Aśoka, converti au bouddhisme, qui fit graver en écritures brāhmī et prākrit des instructions spirituelles. Au cours des siècles, l’écriture brāhmī a évolué différemment selon les régions pour former les différentes écritures servant aux langues, aux littératures régionales ainsi qu’au sanskrit.
La langue sanskrite, quant à elle, a été utilisée dans toutes les régions de l’Inde et c’est pour cela que les textes en cette langue se trouvent écrits dans de nombreuses écritures provenant des régions différentes. Par exemple, les textes védiques du Kashmir sont écrits en śāradā, ceux du Bengale en bangālī, du tamilnāḍu, en grantha, etc.

Les manuscrits en nandināgarī commencèrent à apparaître au XII°s ap JC. C’est une variété de nāgarī. Plus tard, les colons britanniques, voulant la suprématie sur l’Inde, imposèrent finalement l’usage de la nāgarī, la seule écriture, que l’on appelle aujourd’hui la devanâgarî.
C’est une écriture alpha-syllabaire utilisée pour le sanskrit, le prâkrit, l’hindi, le népalais, le marathi et plusieurs autres langues indiennes.
La devanāgarī, s’écrit horizontalement, de gauche à droite, ne fait pas de distinction entre majuscules et minuscules. Elle est reconnaissable à la barre horizontale continue sous laquelle sont attachés les caractères. Cette barre s’interrompt brièvement pour certains caractères ouverts en haut. Elle est également interrompue entre les mots dans les langues modernes mais peut recouvrir plusieurs mots d’affilée en sanskrit dans le cas des mots composés. Dans l’écriture manuscrite, la barre est tracée après avoir écrit un mot en entier.
C’est une des écritures les plus employées en Inde et au Népal.


Il existe de même l’International Alphabet of Sanskrit Transliteration (I.A.S.T.)
qui est une norme académique pour le sanskrit romanisé, trans-littéré dans l’alphabet latin et qui nous permet d’avoir accès aux termes usuels des textes.

L’usage de la nāgarī, pour les textes sanskrits ne s’est étendue qu’au siècle dernier, nous dit l’excellent ouvrage de V. Filliozat, « éléments de grammaire sanskrite ».

L’écriture nāgarī est donc dérivée de l’écriture brāhmī. 
 
Les langues du nord de l’Inde sont dérivées du sanskrit et forment la grande famille des langues indo-européennes. Le sanskrit est donc indo-ayen, qui est l’ensemble des parlers d’origine indo-européens attestés sur le territoire de l’Inde.
Les principales langues du Nord sont l’hindī, le marāṭhī, le gujrātī, le kāśmīrī, le panjābī, le bangālī, l’oḍisī, etc.

Les langues du Sud forment un groupe à part et sont appelées dravidiennes.
Leur origine n’est toujours pas connue mais elles ont emprunté beaucoup de mots sanskrits. Elles sont le tamil, le kannaḍa, le telugu, le malayālam.

Pour revenir au sanskrit, peu de langues ont eu une destinée aussi exceptionnelle. Il fait exception par sa longévité et seul le chinois peut rivaliser avec lui. Cette langue obéit à trois grands principes, longévité, stabilité, et « sacralité ».
Les utilisateurs du sanskrit furent plus particulièrement les lettrés indiens, à la conscience linguistique qui peaufinèrent la langue au fil des siècles.
L’idée la plus courante et le plus souvent reçue depuis le XX°s est que le dravidien est un groupe de langues indigènes et que l’indo-aryen est venu de l’extérieur. Ce n’est qu’une vue de l’esprit. Les indiens de souche des temps védiques revendiquaient la pérennité de leur langue.

Le sanskrit trouve donc ses racines dans la langue védique.
La dénomination de la langue védique pour l’indo-aryen repose sur le fait que les documents nous la faisant connaître sont les Vedas.

La langue védique s’échelonna sur un millénaire et sur un immense territoire, celui de la plaine du Gange, à savoir le nord-est et l’est. Nous connaissons cette langue par la littérature et la poésie et les techniciens de la pratique religieuse. Il n’est pas dit que l’ensemble des peuples parlaient ce même langage. La langue védique d’où découle le sanskrit, était une langue spécialisée dans la poésie religieuse et parlée.

Les premiers textes ont commencé par être transmis par voix orale de maître à disciple, de bouche à oreille et la qualité de transmission reposait sur la mémoire humaine.

Le Veda, littéralement « savoir », appelé aussi « Śruti, » ( audition ) est conçu comme une matière à mémoire, ou une donnée auditive, non comme un livre ou une écriture.
Ce n’est que plus tard qu’il fut écrit.
La récitation fut le facteur déterminant de la conversation.
11 modes de récitations ont étés codifiés au cours des âges.
Au moins 3 sont d’une haute antiquité. L’idée de départ est que le même texte peut être présenté sous plusieurs formes. Chacune de ces formes est apprise indépendamment des autres. Une fois que le récitant a mémorisé les onze, l’une après l’autre, il peut les comparer et connaissant la règle de présentation de chacune, voir s’il y a bien conformité entre toutes, pouvant ainsi déterminer un défaut de mémoire ou d’altération. Ainsi sera préservé l’intégrité du texte.
On compte ainsi trois formes de base et huit dérivées. Je vais vous en donner quelques unes à titre d’exemples.
Par exemple, la 1ere présentation consiste à réciter la strophe de façon continue sans marquer de pause entre les mots, à l’exception d’une césure de mi-strophe. Ceci est la situation la plus naturelle, reproduisant celle du langage ordinaire qui fait de la phrase une structure compacte.

Toutefois, comme il y a des règles, toute finale de mot subit un traitement phonétique différent setlon qu’elle est suivie d’une pause ou d’un autre mot ; contraction de voyelles de consonnes, liaisons, altérations, etc.

La 2e présentation par exemple, consiste à réciter le même texte en marquant une pause après chaque mot, et les règles de liaison changent et le sens des mots apparait différemment.

Une 3e présentation de mémorisation du même texte consiste à lier chaque mot du texte au mot suivant en marquant une pause après chaque paire ainsi formée. Cela entraine l’application à la finale de chaque mot des traitements phonétiques encore différents.

A titre toujours d’exemple, nous trouverons la récitation « en tresse » qui consiste à énoncer la 1ere paire de mots, la répéter dans l’ordre inverse, la reprendre dans l’ordre normal, marquer une pause, et avancer ainsi dans la phrase ; "ab ba ab". Il y a aussi la récitation « dense » où l’on prend la 2e paire,on l’inverse, on prend le groupe des 3 premiers mots, on les inverse, on les reprend dans l’ordre donné, on marque une pause ; "ab ba abc cbr abc" etc., etc.

C’est non seulement au delà des exercices de concentration et de stimulation neuronale, le moyen de conserver par la mémoire, les traditions orales et sacrées dont nous bénéficions aujourd’hui.
Et dire que certains oublient souvent le cours précédent !!!!

Je n’ai fait qu’aborder les origines de cette langue si complexe. En faire l’approche ne veut pas dire qu’il vous faille apprendre le sanskrit. Vous n’en auriez pas grande utilisation et ce serait un apprentissage ardu. Mais en avoir un éclairage et des clés vous servira pour la connaissance des aphorismes philosophiques ou la répétition des mantras.

Pour finir, nous allons faire des jeux ludiques en adoptant quelques unes de ces règles de mémorisation et de récitation sur un aphorisme de Patanjali. Nous allons aussi voir les "trompe-oreilles" de la langue française.

Hari Om tat Sat
JayaYogācārya

Bibliographie :

-  "Le Sanskrit" de Pierre Sylvain Filliozat aux edts « Que sais-je ? »

- « Tantrisme » de Pierre Feuga » aux Edts Dangles.

- « Eléments de grammaire sanskrite » de Vasundhara Filliozat aux edts Agama.

- Adaptation et commentaire de Jaya Yogacharya.



 

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